De cap en cap

| 20 février 2017 | 0 commentaire

Catégorie: 3D, Cadastre, Cartographie, Entreprises, Portraits, Réseaux/Transports, Satellite/Spatial, Secteur public, Sécurité/défense

©FIT

Pragmatique, obstiné comme le Breton qu’il est devenu, Eric Thalgott sait être patient. Il y a un an, il nous donnait rendez-vous début 2017. « On aura des annonces » avait-il promis. Il n’avait pas menti. Au 1er janvier, FITESIC, Mémoris et Pixelius fusionnent sous la nouvelle entité GEOFIT. L’objectif avoué est de clarifier l’offre, d’améliorer la visibilité de l’entreprise et de renforcer son positionnement international. Ou comment changer de cap sans jamais perdre le Nord !

À 18 ans, il voulait parcourir le monde. Rapidement rattrapé par la réalité et la nécessité de faire bouillir la marmite, Éric Thalgott décroche un petit job de manœuvre chez un géomètre du côté de Chaumont. Même s’il n’est pas à l’autre bout de la planète, il est au moins au grand air, et il met à profit ses quelques bases en mathématiques. À tel point que son employeur, Claude Martin, lui propose de reprendre ses études. Quelques années plus tard et sans réelles difficultés, voilà Éric Thalgott fraîchement diplômé de l’école de topographie de Nancy. Il ne lui reste plus qu’à trouver son stage afin de devenir géomètre expert.

Rencontre avec des géomètres remarquables

Nous sommes en 1989 et il rencontre Vincent Tiberghien et Philippe Launay, qui sont à la tête d’un cabinet nantais. « J’ai occupé plein de postes dans l’entreprise. J’ai mené les études pour la deuxième ligne du tram de Nantes. J’ai également passé plusieurs années à la capitale pour monter l’établissement parisien. » Les géomètres nantais ont compris très tôt que les services à valeur ajoutée étaient essentiels pour faire grandir le cabinet. Ils ont créé plusieurs filiales, ils ont été pionniers dans le développement de logiciels SIG avec PREFIX, ils se sont équipés de moyens aériens de photogrammétrie. Les fondateurs ont également le souci d’anticiper la transmission de l’entreprise. En 1999, ils proposent à Éric Thalgott d’y réfléchir. « Nous avons monté une petite équipe avec Fabrice Bunouf et d’autres collègues, et nous avons proposé un projet d’entreprise pour acquérir le cabinet de géomètres FIT Conseil en 2000 puis le bureau d’études FIT en 2003. » Les anciens soutiennent la nouvelle équipe et font en sorte que le projet fonctionne en vendant les parts à un prix raisonnable et en les accompagnant auprès des banques. Pourquoi remonter si loin dans le passé du groupe FIT ? C’est qu’aujourd’hui, l’histoire se répète. Avec la transformation de FITESIC en GEOFIT, la deuxième génération de patrons a souhaité ouvrir plus largement le capital de l’entreprise à la nouvelle équipe de managers. « Ça me touche profondément de voir leur engagement, leur volonté de se retrousser les manches pour poursuivre cette aventure entrepreneuriale. » Ils sont ainsi dix salariés à s’être regroupés pour acheter une partie du capital, ne laissant plus que 40 % des parts à Fabrice Bunouf et Éric Thalgott, qui en détenaient jusqu’à présent 60 %. À eux de laisser les rênes opérationnelles aux nouveaux directeurs généraux et cadres de l’entreprise pour se concentrer sur le développement et l’avenir des métiers. « Aujourd’hui, l’acquisition de données, mêmes précises, n’est plus réservée aux spécialistes. Nous devons en tenir compte et proposer de nouveaux services à valeur ajoutée.» La sécurisation foncière dans les pays en voie de développement, le BIM… voilà par exemple deux domaines où GEOFIT entend bien faire valoir son expertise.

Cap au Sud

Après avoir misé sur la verticalisation des activités, par le biais de multiples filiales, ce qui a permis à l’entreprise d’imposer ses différentes expertises, le groupe fait désormais le pari de la transversalité. « Cette fusion des filiales nous donne également la taille critique pour se positionner sur certains marchés importants, notamment à l’export. » L’export ? Une des grandes réussites du groupe nantais qui a pris le contrôle d’IGN France international il y a un an. Malgré les risques, l’export représente aujourd’hui plus de 20 % du chiffre d’affaires. Une réussite et l’accomplissement des rêves de jeunesse d’Eric Thalgott.

« Je me souviens de notre première affaire internationale, c’était à Madagascar. J’ai découvert un monde que je ne connaissais pas du tout, une culture différente… c’est passionnant ! » Depuis, les projets et les rencontres se multiplient dans des situations pas toujours simples comme en Afghanistan ou au Sri-Lanka. Après le Canada, la Tunisie, le Maroc, GeoFIT entend bien créer de nouvelles structures en Afrique noire ou en Amérique centrale, en s’appuyant sur des partenaires locaux. Si Éric Thalgott n’a pas réussi à faire son tour de monde à 18 ans, à 54 ans, il a déjà « posé le pied » dans une quarantaine de pays, comme il le reconnaît avec modestie. Une revanche au service du rayonnement de la géomatique française !

 

Quelques repères
1968 : Fondation du cabinet de GE Godard et Launay
1987 : Godard et Launay créent le groupe ITI qui chapeaute les activités de SNEDA, SCE, FIT.
2000 : Rachat de FIT par quelques collaborateurs
2003 : Création de FITESIC (topographie, contrôle d’infrastructures, BIM…)
2004 : Création de Memoris (services en information géographique)
2011 : Rachat de Pixelius (ingénierie de la donnée)
2015 : Le groupe FIT devient actionnaire majoritaire d’IGN France international
2017 : Memoris, Pixelius, FITESIC … sont rassemblées sous la bannière GEOFIT, et FIT Conseil devient GEOFIT Expert

 

Chiffres clés

  • 17 établissements en France, 7 implantations à l’étranger
  • CA 2015 : 65 M€ avec les activités des filiales
  • 650 collaborateurs dont 520 en France
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