A partir du 1er août l’humanité aura épuisé les ressources naturelles de la planète

| 27 juillet 2018

Catégorie: Communiqués, Environnement

Aujourd’hui l’humanité a épuisé les ressources naturelles de la planète

Ce mercredi 1er août 2018, l’humanité aura consommé l’ensemble des ressources que la planète peut renouveler en un an. Cette date, calculée par le Global Footprint Network, représente donc l’Earth overshoot Day, ou Jour du dépassement de la Terre en français.

En seulement 7 mois, l’humanité a émis plus de carbone que ce que les océans et les forêts sont en mesure d’absorber chaque année, pêché plus de poissons, abattu plus d’arbres, fait plus de récoltes que ce que la Terre peut nous procurer en un an.

Alors que nos pressions sur les ressources ne cessent d’augmenter, la biocapacité de la Terre (la surface de zones terrestres et marines biologiquement productives), elle, se réduit progressivement au niveau mondial. En raison de ce décalage entre la demande et l’offre en ressources naturelles, il nous faudrait aujourd’hui l’équivalent de 1,7 Terre pour subvenir à nos besoins.

Si le Jour du dépassement arrive moins vite dans le calendrier depuis sept ans, il continue toutefois d’avancer, passant du 30 septembre en 1998, au 1er août cette année, la date la plus précoce jamais enregistrée. Cela est en partie lié à l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre, et donc de notre empreinte carbone, ainsi qu’à l’augmentation des surfaces en terres cultivées.

La France et son déficit écologique

 

Si toute l’humanité vivait comme les Français, cette date arriverait encore plus tôt, le 5 mai 2018, comme l’avait révélé le WWF France dans son rapport “L’autre déficit de la France”. Les Français ont aujourd’hui besoin de l’équivalent de 2,8 Terre pour subvenir à leurs besoins.

Si la France a su être au rendez-vous à travers la présentation de son Plan national pour la biodiversité, elle doit maintenant continuer à jouer un rôle moteur en matière de protection de la nature. Cela doit se traduire par des politiques ambitieuses et cohérentes au niveau national (sur les mobilités, la planification pluriannuelle de l’énergie, la déforestation importée, le renoncement au projet Montagne d’Or) et un leadership au niveau international, en vue du Congrès mondial de l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) et de la conférence de la Convention sur la Diversité Biologique qui auront lieu respectivement à Marseille et Pékin en 2020, pour parvenir à un accord ambitieux pour réduire notre pression sur la nature.

 

L’humanité vit à crédit

A partir d’aujourd’hui, l’humanité vit donc à crédit, en empruntant des ressources naturelles à la Terre et aux générations futures. Nous savons qu’il n’est pas soutenable pour un ménage ou pour une entreprise de vivre à crédit, mais c’est exactement ce que nous faisons avec la planète, et les conséquences sont déjà visibles : déforestation, chute des stocks de poissons, sécheresses, manque d’eau, érosion des sols, perte de la biodiversité et dérèglement climatique.

Ce constat n’est toutefois pas une fatalité, nous pouvons inverser la tendance. Mais il est urgent que tous les acteurs s’engagent à mettre un terme à l’érosion du capital naturel et à revoir leurs modèles de développement qui exercent encore trop de pression sur les ressources naturelles.

Cette transition écologique repose certes sur l’action et les décisions politiques, mais les citoyens, les entreprises et les collectivités ont aussi un rôle clé à jouer à leur échelle dans cette transition vers des modes de vie plus durables. Les principaux leviers d’action sont la réduction de nos émissions de gaz à effet de serre liée à la combustion d’énergies fossiles (notamment via les transports et le logement), qui représentent à elles seules près de 60% de notre empreinte écologique, et la réduction de notre empreinte alimentaire.

« A partir du 1er août, l’humanité vivra à crédit car nous aurons consommé en seulement sept mois le capital naturel que la planète peut renouveler en un an. D’année en année, nous continuons ainsi à creuser notre dette écologique. Si la Planète était une entreprise, elle serait aujourd’hui au bord de la faillite. Nous devons impérativement changer notre modèle de développement. Nous devons parvenir à faire de la biodiversité une priorité internationale et réussir à Marseille et à Pékin en 2020 à trouver un New Deal pour la nature. Comme ce fut le cas pour l’Accord sur le climat en 2015, la France est attendue pour montrer un leadership et une exigence de cohérence dans ses politiques, en métropole comme en Outre-Mer. 

Pascal Canfin, directeur général du WWF France

 

Retrouvez :

-Les infographies dédiées à l’Overshoot Day 2018:  ICI

-La vidéo ICI – les crédits sont indiqués dans l’ordre dans un document à part. merci de les indiquer sur chaque extrait).

-L’empreinte écologique pays par pays: http://data.footprintnetwork.org

-La méthode de calcul développée par le Global Footprint Network : www.overshootday.org

-Le calculateur de l’empreinte écologique: www.footprintcalculator.org

-Les dates des précédents Overshoot Days (ces données sont mises à jour chaque année pour toute la série depuis 1970 en fonction des nouvelles données disponibles et de l’amélioration des calculs) : https://www.overshootday.org/newsroom/dates-jour-depassement-mondial/

-Le rapport “L’autre déficit de la France”: ICI

 

Contacts presse :

Eleonora Trementozzi l +33 (0)1 71 86 42 61 l + 33 (0)6 35 34 73 52  etrementozzi@wwf.fr
Marielle Chaumien l +33 (0)1 71 86 49 89 l + 33 (0)6 15 39 24 95 l mchaumien@wwf.fr
Suivez l’actualité presse sur Twitter @WWFFrance_press

Le WWF est l’une des toutes premières organisations indépendantes de protection de l’environnement dans le monde. Avec un réseau actif dans plus de 100 pays et fort du soutien de 6 millions de membres, le WWF œuvre pour mettre un frein à la dégradation de l’environnement naturel de la planète et construire un avenir où les humains vivent en harmonie avec la nature, en conservant la diversité biologique mondiale, en assurant une utilisation soutenable des ressources naturelles renouvelables et en faisant la promotion de la réduction de la pollution et du gaspillage.

Depuis 1973, le WWF France agit au quotidien afin d’offrir aux générations futures une planète vivante. Avec ses bénévoles et le soutien de ses 220 000 donateurs, le WWF France mène des actions concrètes pour sauvegarder les milieux naturels et leurs espèces, assurer la promotion de modes de vie durables, former les décideurs, accompagner les entreprises dans la réduction de leur empreinte écologique et éduquer les jeunes publics. Mais pour que le changement soit acceptable il ne peut passer que par le respect de chacune et chacun. C’est la raison pour laquelle la philosophie du WWF est fondée sur le dialogue et l’action.

Retrouvez toutes nos actualités sur www.wwf.fr

 

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