Les lapins de l’espace débarquent !

| 14 novembre 2014 | 0 commentaire

Catégorie: A l'actu, Matériel/GPS, Satellite/Spatial

Depuis quelques années l’observation de la Terre a donné naissance à plusieurs constellations. Changement de régime avec Planet Labs, qui mise sur une véritable prolifération de microsatellites pour offrir une vision quotidienne de chaque point du globe. Bousculant au passage tout le secteur spatial tant en termes techniques que commerciaux.

Avec Planet Labs, rien ne se passe comme d’habitude ! Là où les constructeurs traditionnels de satellites mettent dix ans à concevoir et fabriquer leurs produits, les ingénieurs de la jeune pousse californienne misent sur un cycle de développement de quelques mois pour leurs microsatellites. Ces derniers, baptisés Dove (colombe en français), exploitent au maximum les composants standards du marché et évoluent de version en version. Et ne parlons pas du coût de production : quand un satellite Pléiades coûte plus de 300 millions d’euros, un Dove devrait bientôt passer sous la barre des 5 000 €. Du coup, pannes, vieillissement et lancements ratés (comme celui essuyé le 28 octobre avec l’explosion d’Antares, qui avait 26 satellites à son bord) ne remettent pas en cause la constellation.

La petite taille des satellites et leur format normalisé Cubesat, leur permet d’embarquer sur tous types de lanceurs. Inutile de mobiliser une Ariane 5 ou une fusée Soyouz… les capteurs embarquent là où il reste de la place, pour le meilleur, ou pour le pire !

La petite taille des satellites et leur format normalisé Cubesat, leur permet d’embarquer sur tous types de lanceurs. Inutile de mobiliser une Ariane 5 ou une fusée Soyouz… les capteurs embarquent là où il reste de la place, pour le meilleur, ou pour le pire !

Une vision simple

Expédiés dans l’espace de façon opportuniste par divers lanceurs, 49 satellites sont déjà en orbite alors que le premier lancement date de février 2014. Le prix à payer ? Une mise en orbite moins précise qui amène les satellites « autour » des 400 km d’altitude et des images qui ont une résolution de 3 à 4 mètres. Car l’objectif de l’entreprise, passée par l’incubateur de la NASA, n’est pas la perfection technique mais la saturation du marché et la diffusion la plus large possible d’images proches de la perception humaine. Point de longueurs d’ondes exotiques, ni de formats subtils : trois bandes rouge, verte, bleue, codées sur quelques bits de façon à diminuer le volume de données envoyées au sol. Là encore, Planet Labs annonce un fonctionnement largement inconnu des opérateurs traditionnels, qui s’appuient sur un réseau de stations de réception plus ou moins dédiées. Ici, toutes sortes d’antennes seront mobilisées, dont celles des satellites de communication.

Mais après quoi courent les lapins de l’espace ? À terme (c’est-à-dire courant 2015), Planet Labs entend disposer d’une constellation d’une centaine de satellites opérationnels qui lui permettra de fournir une image quotidienne en tout point du globe. Alors que l’entreprise annonce que les données acquises seront mises à la disposition gratuite de tous, comment va-t-elle gagner de l’argent ? « Planet Labs semble miser sur son API, qui permettra aux développeurs d’intégrer de l’imagerie satellitaire ultra-fraîche dans n’importe quelle application, explique Thierry Rousselin de Magellium. Mais ils ne sont pas les seuls à avoir cette ambition, comme l’a annoncé Urthecast. Tout le monde ne pourra pas survivre. Par ailleurs, même si l’ambition initiale est de couvrir la planète entière quotidiennement, Planet Labs se réserve la possibilité d’orienter les acquisitions en fonction des besoins du marché. » À suivre de près !

 

 

 

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