Valéria Faure-Muntian, une députée engagée

| 21 novembre 2018

Catégorie: Données, IDG/IDS, INSPIRE, Institutions, Portraits, Secteur public

Valéria Faure-Muntian a remis son rapport au Premier ministre sur les données géographiques souveraines le 25 juillet dernier, après être venue en présenter les grandes lignes aux GéoDataDays. Mais qui est cette députée qui s’est prise de passion pour l’information géographique ? Rencontre avec une femme de conviction, bien décidée à donner au numérique sa juste place dans l’organisation du pays.

C’est dans une mini salle de réunion de l’assemblée nationale que Valéria Faure-Muntian nous reçoit, entre deux séances. Nous parlons librement de son enfance ukrainienne dans la région d’Odessa, de la défiance vis-à-vis de la politique, de son arrivée en France. Puis elle s’arrête. « Je ne veux pas être réduite au discours sur l’immigration. Je suis simplement une représentante de la diversité de la population française ». Une représentante qui n’a pas ménagé ses efforts pour arriver à 34 ans à l’Assemblée Nationale. Une représentante qui a choisi de s’engager sur un sujet a priori fort éloigné de ses préoccupations personnelles : l’organisation des données géographiques souveraines en France.

Engagement politique

« Quand nous sommes arrivés, nous ne parlions pas un mot de Français. Mon père nous faisait regarder le journal de TFI, et là, j’ai découvert les débats et la démocratie ». La gauche, la droite, le libéral, le social… toutes ces notions passionnent l’adolescente qui se forge petit à petit une culture et des convictions… qui ne s’insèrent dans aucun cadre politique, mais la poussent vers des engagements associatifs. Il faudra l’arrivée d’Emmanuel Macron dans le paysage pour qu’elle trouve un mouvement dans lequel elle se sent bien. Rapidement engagée dans les comités de son département, la Loire, c’est poussée par ses camarades marcheurs qu’elle ose poser sa candidature de députée, quelques mois avant l’élection présidentielle, après avoir étudié toutes les données sur sa circonscription de la Loire, publiées sur data.gouv.fr. « Le soir du premier tour, on a tous pleuré. Au deuxième tour, on était tendu. On savait qu’une immense tâche nous attendait. » En disponibilité de son poste à Groupama, Valéria Faure-Muntian se jette alors dans la campagne des législatives, avec succès.

Son arrivée à l’Assemblée l’a-t-elle impressionnée ? « Pour moi, c’était un peu comme commencer un nouveau travail. Il fallait découvrir l’organisation, régler les problèmes matériels comme les cartes de transport, les bureaux, mais sur le fond du programme, j’étais prête. On en avait tellement discuté depuis des mois ! »

Engagement sur le numérique

Rapidement, la jeune députée fait le choix de s’engager sur des sujets qui, à ses yeux, représentent l’avenir, même s’ils ne font pas la Une de l’actualité. Venue du monde de l’assurance, le numérique et la protection des données personnelles l’interrogent. Alors, elle se documente, lit beaucoup et fait des propositions à Mounir Mahjoubi. Quand Cédric Villani commence ses auditions pour le rapport sur l’intelligence artificielle, elle l’accompagne. Elle apporte une contribution écrite sur l’économie et le numérique. Comment permettre l’innovation tout en préservant la souveraineté nationale ? Comment ne pas être dépendants d’acteurs américains ou chinois sur des sujets aussi cruciaux que la santé ou le véhicule autonome ? « Nous devons nous donner les moyens de nos ambitions » insiste la députée.

Alors quand on lui propose de rédiger le rapport sur les données géographiques souveraines, elle n’hésite pas à répondre positivement et se donne à fond, une fois de plus. « Souveraineté, décisions publiques sur des données de qualité, véhicule autonome… tout va dans le même sens et il ne peut pas y avoir d’innovation sans accès à la donnée. » Infatigable, elle travaille en parallèle sur les enjeux technologiques de la blockchain dans le cadre d’un rapport pour l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST).

Engagement sur l’information géographique

Avec l’information géographique, elle découvre un univers qu’elle ne connaissait qu’en surface et avoue que les premiers jours d’auditions ont été « un peu rudes ». Au cours des auditions Valéria Faure-Muntian a rencontré plus d’une centaine de personnes, producteurs et utilisateurs de données géographiques. Ministères, établissements publics, collectivités, opérateurs de réseaux, mais également organisations syndicales, tous ont fait valoir leur point de vue et ont permis à la députée de se forger une vision de ce que devait être l’information géographique souveraine. Le manque de communication entre les acteurs, le roman-photo de l’adresse, l’éparpillement, la faible interopérabilité, le besoin de réconcilier l’IGN avec les collectivités…, Valéria Faure-Muntian a bien cerné les problèmes et ne fait pas moins de 28 recommandations pour permettre aux pouvoirs publics d’accomplir leurs missions sur la base de données géographiques fiables, en toute indépendance.

Depuis la remise de son rapport fin juillet, elle continue à défendre sa vision d’un numérique à la fois au service de l’innovation et des politiques publiques. Elle intervient régulièrement sur l’information géographique mais également sur la cybersécurité, la blockchain, la transformation numérique des entreprises, du secteur des assurances… sans oublier son Ukraine natale, dont elle préside le groupe d’amitié à l’Assemblée nationale.

 

 

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