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E-cassini ou le collaboratif appliqué à la gestion de l’espace public

| 2 novembre 2017

Catégorie: 3D, Données, Entreprises, Logiciels, Marché, Reportages, Secteur public

780 mots, environ 3 mn de lecture

Patrick Maïore, fondateur d'E-CassiniE-cassini est l’un des trois finalistes du prix de l’innovation (catégorie systèmes d’information) du Salon des Maires et des Collectivités Locales. Ce nouveau service propose aux collectivités un abonnement en ligne leur permettant d’exploiter un nuage de points de précision centimétrique. Entretien avec son fondateur, Patrick Maïore.

Comment vous est venue l’idée d’E-cassini ?

Avec Air&Geo, je suis à la tête d’un réseau de dix-sept agences de géomètres-experts, principalement dans l’ouest de la France. Qu’il s’agisse de gérer les espaces verts, l’éclairage public ou la signalisation, je vois bien que les communes ont besoin de plans de précision topographiques. Les syndicats intercommunaux également, sans parler des grands gestionnaires de réseaux. Tous sont impliqués dans les projets de plans de corps de rue simplifiés. Mais aujourd’hui, les organisations payent plusieurs fois la même chose. Certains font même faire des relevés lidar qu’ils n’exploitent pas, achetant simplement le plan topographique. D’où l’idée d’une plateforme collaborative leur fournissant les éléments dont ils ont besoin. J’y ai réfléchi pendant deux ans, nous avons travaillé avec des collectivités que nous connaissons bien pour être sûrs de comprendre leurs besoins. En mars dernier, nous avons créé l’entreprise.

Concrètement, comment sont constituées et mises à disposition les données ?

Nous effectuons un relevé Lidar complet de leur domaine public. Pour cela, plutôt que d’utiliser des voitures, qui laissent trop de masques, nous parcourons les rues, routes et chemins demandés à pied, avec un Leica Backpack Pegasus. Nous en avons sept aujourd’hui. Pour les rues, nous effectuons trois passages, afin de scanner la bande de roulement et les deux trottoirs. Grâce aux points de calage, nous obtenons une précision centimétrique. Nous mettons ensuite ce nuage de point sur le cloud et nos clients y accèdent via une application web, qui leur permet d’effectuer des mesures, de dessiner des objets et de les renseigner avec divers attributs opérationnels. L’interface permet d’ouvrir une fenêtre StreetView ou Mappy, liée au nuage de points. Pour faciliter le travail, les classes d’objets structurées peuvent être directement importées depuis un SIG, comme ArcGIS. Ainsi, l’utilisateur peut rapidement saisir un candélabre, renseigner son type, ou identifier des tampons d’assainissement, mesurer la hauteur d’un arbre, etc. Nous avons beaucoup travaillé sur l’interface pour la rendre vraiment très simple d’utilisation. Bien sûr, les données saisies d’intérêt collectif peuvent être visibles par les autres abonnés. Ensuite, les données saisies sont exportables vers MicroStation et AutoCAD. Nous sommes d’ailleurs en train de développer une API qui permettra d’ouvrir une fenêtre e-Cassini directement dans ces logiciels. Nous travaillons également sur des applications spécifiques sur l’urbanisme réglementaire, le PLU en 3D et les plans de prévention des risques.

Qu’en est-il de la mise à jour ?

C’est effectivement l’un des points essentiels de notre offre. Grâce à notre réseau et aux partenaires que je suis en train de recruter, nous garantissons une mise à jour trimestrielle des zones qui ont évolué. Nous misons sur la proximité des géomètres-experts qui sont en contact avec les communes. Ce sont eux qui feront ces mises à jour avec leurs propres outils et E-cassini les rémunèrera pour cela.

Quel est votre modèle économique ?

Vous l’avez compris, notre modèle économique est basé sur la mutualisation. Nous demandons aux communes un droit d’entrée, de 300 euros du km pour la saisie des réseaux de voirie, un peu moins pour les pistes cyclables et les chemins piétonniers qui ne nécessitent pas trois passages. Ensuite, les clients choisissent entre trois abonnements : pour n’effectuer que des mesures, le coût est de 49 euros par mois. Pour en plus dessiner ou renseigner, le tarif est de 199 euros par mois. Enfin, pour mesurer, dessiner et renseigner, l’abonnement mensuel est à 299 euros.

Pour que le service soit rentable, il faut convaincre plusieurs organismes d’une même zone : les collectivités, les syndicats, les gestionnaires de réseaux, les bureaux d’études. Comment faites-vous ? Quelles collectivités ciblez-vous ?

Je fais valoir aux collectivités les économies qu’elles vont réaliser grâce à une limitation des déplacements, à une meilleure gestion des dépenses, à une meilleure connaissance du territoire. Elles y sont sensibles. Nous avons par exemple livré début septembre l’ensemble de Mortagne sur Sèvre. Nous sommes également en discussion avec des communautés de communes qui veulent équiper chaque commune. Les gestionnaires de réseaux ont eux aussi les mêmes besoins. Les collectivités rurales sont plus sensibles à l’approche collaborative, car elles ont généralement peu d’idées préconçues et nous leur offrons la possibilité d’exploiter des outils numériques sans en avoir les inconvénients. À elles éventuellement de mettre en place un tour de table avec leurs gestionnaires et délégataires pour financer l’acquisition du nuage de points.

Présentation du module « mesurer »

Module n°1 – Mesurer from E-cassini on Vimeo.

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