Florence Delamarche, une géomaticienne touche-à-tout

| 29 mars 2019

Catégorie: Portraits, Utilisateurs, WebMapping

Arrivée en Vendée à l’âge de deux ans, Florence Delamarche n’a jamais pu s’éloigner du littoral. Un choix qui l’a amené à faire ses études à La Rochelle, à travailler à Toulon, au Havre et, depuis treize ans, à l’Île-de-Ré, dont elle gère le SIG. Ce petit territoire à forts enjeux l’oblige à toucher à tout, avec bonheur.

Adepte de la course à pied, des marathons et des trails, Florence Delamarche utilise le SIG pour préparer ses itinéraires, comme ici, au retour du semi-marathon de Barcelone.

Adepte de la course à pied, des marathons et des trails, Florence Delamarche utilise le SIG pour préparer ses itinéraires, comme ici, au retour du semi-marathon de Barcelone.

Les SIG ? Ce n’était pas le choix initial de Florence Delamarche. « J’ai d’abord fait une maîtrise de biologie des populations ». Elle avait cependant découvert les GPS et la géolocalisation à l’occasion d’un stage au CNRS. Sans réel projet professionnel, elle rejoint bien volontiers la première promotion de la Licence Pro de géomatique mise en place par Frédéric Pouget à La Rochelle en 2002. « J’ai tout de suite adoré les SIG, j’y ai trouvé ma voie. Ça me sortait du côté trop scolaire des études de biologie qui manquaient de concret. » Elle fait son stage à l’Ifremer à Toulon et utilise les SIG pour cartographier les herbiers de zostères. Puis elle trouve un CDD à l’Union des Marais de la Charente Maritime pour créer un atlas des ouvrages à la mer. Enfin, elle décroche un CDI pour une association au Havre afin de créer un SIG Web en SVG sur des problématiques littorales. « Mais le côté SIG n’était que ponctuel. Ensuite, je devais revenir à la biologie. Du coup, j’ai commencé à chercher en collectivité ». Elle passe le concours de technicien et arrive à la communauté de communes de l’île de Ré en février 2006, alors qu’elle n’a pas encore les résultats de l’oral.

Un SIG multithématiques

« Je travaille seule, sur plein de thématiques différentes, il n’y a pas de temps mort. De plus la collectivité a beaucoup évolué en treize ans, c’est passionnant. Quand je suis arrivée, je faisais le tour des communes une fois par an pour leur installer le cédérom de mise à jour du cadastre. Aujourd’hui, il y a une centaine d’utilisateurs du Web SIG ». Travailler sur un petit territoire avec beaucoup d’enjeux oblige Florence à être curieuse de tout, à aborder tous les sujets : la gestion des déchets, l’instruction des permis de construire, les pistes cyclables, la défense des côtes, l’environnement, le patrimoine, le tourisme, les crèches… « Comme la population passe de moins de 20 000 habitants en hiver à plus de 110 000 en été, cela nous oblige à avoir une ouverture au public plus importante. Beaucoup de cartes du SIG sont publiées en ligne afin que chacun puisse les consulter comme celle des déchetteries ou l’application sur les pistes cyclables. Il faut également répondre aux sollicitations des sociétés privées qui développent des applications ». Outre le plan cadastral pour lequel l’île a été précurseur, le SIG s’appuie sur une orthophotographie à 5 cm de résolution dont la dernière édition date de 2018.

WebSIG En mode débrouille

Si Florence Delamarche est équipée d’une licence ArcGis avec quelques extensions, Le WebSIG pour les communes est aujourd’hui sous Veremap, solution open source, et bénéficie d’un hébergement par… la communauté de communes Rhôny-Vistre-Vidourle dans la Gard. « En fait, nous avions une autre solution avant mais elle n’était pas satisfaisante, en partie parce que nous étions mal desservis en réseau. À la fin du marché, j’ai voulu faire un test de publication des données cadastrales avec Veremap, que connaissait bien Laurent Blum, en charge du SIG à Rhôny-Vistre-Vidourle. Il a proposé d’héberger notre essai, et ça a très bien marché, les communes ont très vite adhéré à cette solution, que nous avons gardée depuis. » À l’heure où nous écrivons, un appel d’offres est en cours de dépouillement pour installer une nouvelle solution, sur un serveur dédié.

Seule mais en réseau

Seule géomaticienne dans sa structure, Florence Delamarche est bien intégrée dans les réseaux locaux, régionaux et nationaux autour de l’information géographique. Elle suit des formations chez IDGeo ou avec Soluris, le syndicat informatique en Charente-Maritime (ex-SMIC 17), participe aux séminaires de l’AITF, et essaye d’aller aux cafés ateliers organisés par Pigma, même si Bordeaux reste loin de La Rochelle. Ces groupes de géomaticiens sont importants pour aborder de nouveaux projets, concevoir la bonne méthode, sur les sujets du moment comme l’occupation du sol ou le plan local d’urbanisme unifié.

Même si le président de la communauté de communes est féru de cartes, Florence Delamarche aimerait mieux communiquer sur le SIG « Je découvre régulièrement que des gens utilisent Google Maps alors qu’ils pourraient faire la même chose avec le Web SIG. Le SIG reste perçu comme technique, réservé à des utilisateurs aguerris. Je suis fière que tant de personnes utilisent le Web SIG dans notre territoire, mais on peut faire mieux, aller plus loin, diffuser des données sous forme de flux, proposer un outil vraiment accessible à tous. »

Aujourd’hui rattachée au service technique, Florence Delamarche va bientôt dépendre du pôle ressources, aux côtés de la communication, de la comptabilité, du service juridique. Une opportunité pour aller vers plus d’open data et une vision plus transversale des données géographiques…

 

 

 

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