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IMMAP, un premier moteur de recherche foncier

| 12 novembre 2017

Catégorie: Cadastre, Données, Entreprises, Environnement, Géomarketing, Grand public, Marché, Open Data, Reportages

Par Sukran Dal

715 mots, environ 3 minutes de lecture

Un Google dédié à l’urbanisme et au foncier ? C’est l’ambition d’IMMAP, lancé fin juillet par un architecte et un géomètre du Pays Basque, qui rassemble en une seule fiche toutes les informations disponibles sur une parcelle ou une adresse. Une innovation qui a été récompensée lors du concours des start-up de RENT 2017.

Vingt minutes. C’est le temps qu’il fallait à Miguel Monturo, architecte, et Jean-Pierre Darancette, géomètre, pour récupérer les informations géographiques et réglementaires nécessaires aux études de faisabilité foncières. Pour économiser ces précieuses minutes, ils ont conçu IMMAP (alias Immobilier Mapping) qui exploite l’open data pour rassembler la documentation.

Fiche d’identité terrain

La recherche multicritères permet de cibler par adresse, parcelle, superficie, bâti/non bâti, etc. Une « fiche d’identité » est ensuite générée instantanément pour une ou des centaines de parcelles ! Elle agrège les données issues du Cadastre, du plan local d’urbanisme (PLU), du Plan de Prévention du Risque Inondation (PPRI) et de la Base sur les sites et Sols pollués (BASOL). Le moteur de recherche va piocher dans des sources comme le Cadastre dans sa version open-data, les PLUs récupérés des métropoles ou les sites régionaux tels que Datara pour la région Auvergne-Rhône-Alpes. La fiche est ensuite téléchargeable, en CSV ou utilisable dans Autocad. Un widget peut être installé sur un portail d’annonces immobilières.

La fiche d’identité, en version payante, est un véritable rapport qui regroupe des informations très précises, des extraits de plans et des cartes. Les liens vers les documents sources sont inclus.

La fiche d’identité, en version payante, est un véritable rapport qui regroupe des informations très précises, des extraits de plans et des cartes. Les liens vers les documents sources sont inclus.

Une nécessaire performance

Données libres ne riment pas avec facilité quand le cadastre compte quatre-vingts millions de parcelles ! « Le principal frein a été l’analyse, le tri et la mise en place des données. La géolocalisation de la parcelle se fait à plusieurs reprises afin de vérifier ses caractéristiques. Les requêtes en SQL sont trop chronophages, explique Mickaël Canu, directeur technique d’IMMAP. Nous avons essayé plusieurs technologies. Symphony, MariaDB et Amazon RDS se sont avérés trop lents. Du coup, nous avons choisi Elassandra, un fork d’Elastic Search qui tourne sur Cassandra, et allie rapidité et résilience aux pannes. Un script Python permet de faire une veille sur les mises à jour des données ouvertes du Cadastre. Les fonds de cartes sont issus d’OSM ou de l’IGN, notamment la BD ORTHO. »

Avec une interface adaptée aux tablettes, smartphones et ordinateurs, IMMAP mise sur une interface soignée pour faire la différence.

Avec une interface adaptée aux tablettes, smartphones et ordinateurs, IMMAP mise sur une interface soignée pour faire la différence.

Une personnalité qui détonne

Comment situer IMMAP dans l’explosion des géo-applications dédiées au foncier ? Lors de son pitch devant le jury du concours des start-up de RENT 2017, salon dédié à l’immobilier, Thibault Lebock, directeur général, a présenté son positionnement. « Kelfoncier fait de l’analyse, Urban&You et LKSpatialist font de l’analyse et des études de marché. Nous restons un moteur de recherche et nous ne cherchons pas à intégrer les spécificités de chaque PLU ou à les interpréter. Mais nous proposons plus de fonctionnalités que le site internet Cadastre.gouv.fr ou le Géoportail. »

La cible ? Les particuliers et les professionnels du foncier ainsi que les agents immobiliers, les notaires, les architectes et les avocats. Une version gratuite avec toutes les parcelles sortira avant la fin de l’année et comprendra la partie « situation de terrain » extraite du plan cadastral. La version payante donne accès à une fiche plus étendue (issues du PLU, des PPRI…), qu’un professionnel pourra générer par centaines avec un tarif dégressif (de dix à cinq euros la fiche). Un système d’abonnement est également prévu.

Toutes ces informations géographiques et réglementaires doivent être récupérées auprès des métropoles puis assemblées. À ce jour, plus de six millions de parcelles sont documentées, l’objectif étant de couvrir 50 millions de parcelles d’ici trois ans.

IMMAP, nouveau concurrent de l’IGN ? Pas vraiment. Philippe Abadie évoque le Géoportail de l’urbanisme (GPU) : « Il sera opérationnel en 2020 et a vocation à héberger de plus en plus de services dont la plupart restent à imaginer et développer. En attendant, IMMAP propose une plateforme ergonomique et rapidement mise en œuvre. C’est une innovation que nous suivons avec attention, à laquelle nous avons ouvert un accès gratuit aux géoservices de l’IGN. »

Données disponibles en open data, plan de communication offert par Insign Marketing, la start-up se développe rapidement, même si son site Web n’est pas encore ouvert à l’heure où nous écrivons. Elle vient d’embaucher un urbaniste et d’intégrer la pépinière de l’Estia à Biarritz. « IMMAP pourrait faire partie de l’écosystème du GPU et donner lieu à des collaborations futures avec l’IGN dans le cadre d’IGNfab, par exemple, » se plaît à imaginer Philippe Abadie.

 

 

 

 

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