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La géomatique favorise-t-elle la synergie entre acteurs du territoire ?

Catégorie: Entreprises, IDG/IDS, INSPIRE, Institutions, Reportages, Secteur public, Utilisateurs

Organisé par les étudiants du Mastère Silat, le Géoséminaire était cette année consacré à la synergie entre acteurs du territoire. Vaste sujet qui amène plus de questions que de réponses, comme l’ont expliqué les intervenants.

1+1 = 3. La définition est peut-être simpliste, mais elle a le mérite d’insister sur une vision dynamique de la synergie. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : en s’y mettant à plusieurs, on fait plus, on fait mieux, on va plus loin.

Bonne synergie et belle parité lors de la table-ronde finale du Géoséminaire 2017.

Réduire la facture

L’équation est déjà bien connue des géomaticiens, qui pratiquent la mutualisation depuis longtemps. C’est parce qu’ils voulaient se partager les coûts d’acquisition de la BD Carto que quelques acteurs publics se sont rassemblés et ont créé SIG L-R en 1994. Le CRIGE PACA est lui aussi né d’un « tour de table » pour acheter des données à l’IGN. Et ça marche ! Même si les études économiques sont encore imparfaites et partielles, elles montrent par exemple qu’un euro investi dans une infrastructure de données géographiques (IDG) peut apporter jusqu’à quatre euros d’économie (étude SIG L-R).

Mais l’intérêt économique n’est pas le seul moteur de la synergie. Sans cela, les géomaticiens n’auraient pas adopté la directive INSPIRE alors qu’elle leur a procuré des heures de travail (vive les métadonnées !). « La communauté des géomaticiens y a vu une chance car ces derniers étaient en manque de reconnaissance de leurs métiers, analyse Marc Leobet, qui a suivi le dossier de près au ministère de l’Écologie. Aujourd’hui, INSPIRE est plus connu en France que dans tous les autres États membres. Sa mise en œuvre est portée par des individus, qui ont permis à toute la communauté d’avancer. »

Réduire la fracture

L’enjeu est aujourd’hui celui de la construction d’une vision commune du territoire. La géomatique doit se positionner comme une infrastructure de la connaissance, au service des problématiques territoriales : réduction des inégalités (dans les transports, les services publics, face à l’emploi, aux défis écologiques, à la précarité énergétique…). « Les plateformes sont les services publics d’aide à la décision territoriale » clame Christine Archias, directrice du CRIGE PACA. Cela passe par des données partagées, mais également outils accessibles aux élus, aux décideurs, même les plus néophytes, exploitables à différentes échelles territoriales. Se mettre d’accord autour d’une carte, partager un diagnostic, c’est partager la confiance et se donner ainsi la possibilité de la synergie. Mais cet effort de simplification et de mise en perspective de l’information géographique peut aller à l’encontre du souci de neutralité des techniciens, qui savent que plus les cartes sont simples, plus elles mentent. Une situation qu’il faut accepter en se donnant les moyens d’expliquer les partis pris de la carte, recommande Marc Leobet.

Accepter les ratures

Pour favoriser les synergies de tous ceux qui interviennent sur les territoires, les géomaticiens doivent également accepter de changer de vocabulaire, épouser le langage des élus, s’ouvrir à des communautés de pratiques différentes. « Il y a de nombreux acteurs privés qui sont en interaction avec et sur le territoire, rappelle Nathalie Dejour, consultante indépendante mais également formatrice. Celui qui construit sa maison, l’architecte, l’urbaniste, les entreprises de BTP, ceux qui collectent les déchets, l’enseigne de grande distribution, les associations de protection de l’environnement, l’agriculteur, le médecin ou l’infirmière qui assure des visites à domicile, la compagnie d’assurance… » Eux aussi ont besoin de se sentir inclus. « Quand un bureau d’études en signalisation, qui a l’habitude de travailler avec Autocad doit remettre ses données en CC47, c’est normal qu’il ne comprenne rien » insiste la consultante, qui en appelle à une meilleure synergie entre acteurs publics et privés, et souligne le rôle des bureaux d’études. À ces yeux, ils devraient être mieux intégrés dans les démarches d’animation régionale et dans les instances de normalisation.

Intérêts communs, confiance, ouverture d’esprit… les bonnes recettes de la synergie sont faciles à écrire mais pas toujours à cuisiner. Car c’est surtout la volonté inébranlable d’hommes et de femmes motivés qui permet aux bonnes pratiques de se développer.

Pour aller plus loin :

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