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Les enjeux de la voiture connectée

Catégorie: Données, Entreprises, Logiciels, Marché, Matériel/GPS, Mobilité, Recherche, Reportages, Réseaux/Transports, Utilisateurs

Demain, votre voiture vous parlera, vous expliquera quand et où la faire réviser, sans oublier de vous indiquer le bon chemin ou d’appeler directement les secours en cas d’urgence. Pour préparer ce passage au numérique, l’industrie automobile anticipe et teste de nombreuses options.

« Une automobile, ce n’est plus une boîte avec des roues, ce n’est plus un objet, c’est un circuit, un parcours de mobilité » expliquait Axelle Lemaire, secrétaire d’État au numérique en clôture de la conférence sur l’automobile connectée organisée par le Journal de l’automobile et Next Content début février à Paris.

Une « road map » encore incertaine

Le numérique a déjà largement envahi nos voitures, mais il demeure guère visible. Même si le marché est encore peu développé pour une voiture vraiment connectée (moins de 10 % de souscriptions), l’enjeu est énorme. Les constructeurs participent tous à un ou plusieurs consortiums autour de la voiture connectée comme Mirror Link (le plus ancien), Apple Car Play ou l’Open Automotive Alliance initié par Google. Ils ont bien compris qu’ils ne pouvaient avancer en ordre dispersé et que l’heure était aux accords. Un éditeur comme HERE (ex Navteq) occupe par exemple une grande part du marché de l’aide à la navigation automobile avec quelque 75 % de parts du marché de la cartographie, selon Bruno Bourguet de HERE. Va-t-on vers des consoles intégrées dans les véhicules, permettant des projections d’informations sur le pare-brise, ou des applications intégrées dans les smartphones ? « Les deux » selon Marc Rinkel, consultant chez IHS. Car la voiture connectée va devoir jouer sur deux tableaux si elle veut conquérir les marchés. Rendre service aux constructeurs, assureurs, services de sécurité et autres acteurs de la mobilité, mais aussi aux conducteurs et à leurs passagers. Un constructeur qui aura réussi à inonder le marché de voitures connectées pourra organiser très facilement un rappel en cas de pièce défectueuse, détecter des pannes, prévenir les conducteurs, les diriger vers le bon garage qui aura déjà reçu la bonne pièce. Les constructeurs proposent déjà des offres, mais elles ont peu de succès commercial et sont proposées sous forme d’option sur les modèles haut de gamme ou pour les entreprises. De plus, elles ont souvent été lancées sans véritable formation des concessionnaires et perdent une grande part de leur valeur en cas de revente du véhicule. « Ne devrait-on pas faire l’impasse sur la valorisation des abonnements à ces services ? » se demande Marc Rinkel. Son raisonnement est simple. Si ces offres étaient gratuites pour les conducteurs, elles se développeraient beaucoup plus vite et permettraient aux constructeurs de rentabiliser leur investissement grâce aux économies qu’elles généreraient en termes d’entretien, de garantie et de fidélisation de la relation client.

Toujours plus d’applications

En attendant, chacun y va de son boîtier et de son application. Ainsi, Allianz associe les deux pour proposer des réductions de prime pour les « bons » conducteurs tout en assurant une mise en relation rapide avec les secours en cas de problème. Un prototype de Parking GPS a été présenté en fin de journée. L’application permettra de découvrir les possibilités de stationnement en temps réel. Un premier niveau indiquera les rues à prendre pour avoir le plus de chance de trouver une place (ce qui implique une analyse cartographique préalable). Un deuxième niveau s’appuiera sur la communauté des utilisateurs qui préviendront qu’ils vont libérer une place. Et si rien ne marche, l’application vous guidera vers le parking le plus proche. Quand on sait qu’un Parisien perd environ mille euros par an et cinq heures par mois en cherchant à se garer, une telle application peut avoir un bel avenir. Karos, pour sa part, veut développer le covoiturage au quotidien en permettant à conducteurs et passagers de se rencontrer grâce à un logiciel de mise en relation qui prend en compte leurs habitudes, analysées en silence pendant plusieurs jours.

Déjà disponible sous Android, Karos résout une partie des blocages inhérents au covoiturage de proximité, trouver quelqu’un qui a un profil qui correspond à votre demande, tant dans l’espace que dans le temps. Une application plébiscitée lors de la conférence sur la voiture connectée.

Déjà disponible sous Android, Karos résout une partie des blocages inhérents au covoiturage de proximité, trouver quelqu’un qui a un profil qui correspond à votre demande, tant dans l’espace que dans le temps. Une application plébiscitée lors de la conférence sur la voiture connectée.

Demain, les voitures seront-elles conçues comme des services ? C’est en tout cas ce qu’a développé Polyconseil pour Bolloré et ses Autolib. « Nous sommes partis du service à rendre : gestion des batteries, géolocalisation, réservation de la place à l’arrivée, etc. puis nous avons conçu le véhicule, hautement connecté » détaille Sylvain Géron de Polyconseil. Même si le véhicule autonome n’est pas pour demain (2025 ?), il faut déjà nous habituer à considérer notre voiture comme un centre de services.

 

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