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Communications spatiales : l’Europe veut sa propre constellation

| 13 décembre 2021 | 0 commentaire

Catégorie: A l'actu, Contrats, Institutions, Matériel/GPS, Réseaux/Transports, Satellite/Spatial

La commission européenne vient d’octroyer un contrat d’un montant de 1,4 million d’euros au consortium New Symphonie, pour l’étude d’une constellation de satellites de communications haut débit.

New Symphonie

Thierry Breton présentant le nouveau programme spatial européen le 22 juin 2021, avec sa composante télécommunications (Photo UE)

Après Galileo et Copernicus, l’Europe semble bien décidée à continuer à assurer son indépendance en matière de technologies spatiales, cette fois-ci, concernant les télécommunications.

Le sujet n’est pas simple car le « marché » (encore largement en devenir) est déjà bien encombré avec des initiatives telles que Starlink (SpaceX) ou Kuiper (Amazon), sans parler de OneWeb, pourtant initié en Europe (Airbus) mais reprise par le Royaume-Uni avec l’aide d’un investisseur indien à la suite de ses déboires financiers, ni des projets chinois. Que peut l’Europe dans ce contexte ? Et que veut-elle ? Nous vous recommandons à ce sujet de lire l’article très approfondi de Xavier Pasco de la Fondation pour la recherche stratégique qui a déjà quelques mois (Faire converger Spatial et Numérique : quels enseignements pour la constellation satellitaire européenne ?).

Des sujets à l’étude depuis plusieurs mois

Bien consciente des difficultés à la fois techniques (quelle constellation sécurisée construire ? Avec quels acteurs ?) et économiques (pour monter un projet pérenne, il faudra lui trouver un modèle économique, et donc des usages), l’Europe mise pour l’instant sur les études. Après un premier contrat d’étude de faisabilité technique auprès des « grands » (Airbus, Thales Alenia Space, Orange, Arianespace…) pour un montant de 7,10 M€ lancé fin 2020, c’est au tour des jeunes acteurs du New Space de se pencher sur la question.

New SymphonieAinsi, le consortium New Symphonie, qui comprend pas moins de 22 entreprises regroupées autour d’Unseenlabs et d’Euroconsult, vient de se voir octroyer une mission d’étude sur 6 mois. Il s’agit ici de comprendre les besoins en connectivité et de proposer des solutions de sécurisation des applications, d’imaginer le modèle économique à développer (tout cela en mode « disruptif »), afin de permettre aux acteurs publics et privés européens d’accéder à une infrastructure de communications sécurisée.

Le consortium, monté pour répondre à l’appel d’offres de la Commission Européenne, est piloté par Unseenlabs, une entreprise bretonne spécialisée dans la surveillance maritime qui exploite déjà 4 satellites de communication et prévoit de déployer une constellation de 25 satellites, ainsi que par Euroconsult, spécialisé sur l’analyse du marché du New Space. Parmi les membres du consortium, se trouvent plusieurs entreprises françaises : Anywaves, Cailabs, Exotrail, Fresnel Alliance, Greenwave, Loft orbital, Satconsult, Secure-IC et Transatel.

Désormais vu comme une infrastructure, ce type de constellation en orbite basse peut servir de nombreux usages : couvrir les zones blanches en accès à Internet, sécuriser les communications dans les grands projets de défense, renforcer les services Cloud (objectif principal d’Amazon Kuiper), assurer les communications des autres programmes satellitaires (tels que l’observation de la Terre)…

Quels seront les usages mis en avant par cette constellation européenne ? Quel mix entre usages commerciaux, publics et de défense ? Au-delà du soutien politique de l’Union Européenne, quelle stratégie industrielle permettra d’assurer une infrastructure de services pérenne ? Quels acteurs économiques impliquer ? Éviterons-nous les errances et les années de retard de Galileo ? Encombrerons-nous l’espace inutilement ? Un dossier à suivre…

 

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