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Objectif Terre

| 15 septembre 2016 | 0 commentaire

Catégorie: Données, Grand public, Open Data, Portraits

© Jenny Leyman pour 8till5

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Après l’encyclopédie universelle de Wikipedia, la carte mondiale d’OpenStreetMap, voici que se constitue une archive visuelle du monde grâce à Mapillary. Rencontre avec Peter Neubauer, l’un des initiateurs du projet, qui n’en est pas à sa première entreprise…

De son enfance à Rostock, ville du Nord de l’ancienne Allemagne de l’Est, Peter Neubauer a gardé un goût certain pour la débrouille. Pragmatique et concret, le jeune homme étudie l’ingénierie de l’économie à Berlin et se retrouve en stage à Stockholm pour concevoir la meilleure façon d’optimiser les coupes industrielles en forêt. « C’est là que je me suis mis à l’informatique, je me suis formé tout seul. » Même s’il rentre à Berlin finir ses études, il retourne vite en Suède et monte la première agence de photographie numérique du pays. Nous sommes en 1996 et Peter, photographe passionné, se pose rapidement la question de l’organisation des photos. « Nous avons alors eu l’idée d’une base de graphes. » Les concepts de Neo4j sont posés, l’une des premières bases de données NoSQL open source que Peter portera jusqu’à fonder Neo Technology en 2009 à Malmö, où il s’est installé avec femme et enfants. Les enfants, justement, voilà un autre sujet qui passionne Peter qui donne des cours, monte un CoderDojo, lance Kidscraft où des jeunes se défient autour de Minecraft. Une passion et une fierté également. Le CoderDojo de Malmö est animé par une quarantaine de mentors, les événements Kidscraft se succèdent, même si Peter Neubauer y consacre moins de temps.

Big data et photos

Car aujourd’hui, toute son énergie est mobilisée par Mapillary, une aventure débutée en 2014 avec Jan Erik Solem et deux autres amis. « J’avais rencontré Jan Erik du temps de Polar Rose, la start-up qu’il avait montée sur la reconnaissance d’images, qui a été rachetée par Apple en 2010. » La photo les rassemble, ils ont un peu d’argent et décident de tester leur idée : constituer une archive visuelle du monde, proposer une alternative crédible à Google StreetView et autres services professionnels. Plutôt que d’envoyer des véhicules spécialisés sur les routes, pourquoi ne pas utiliser les appareils photo des smartphones et permettre à chacun de participer à la collecte, d’explorer tous les recoins de l’espace public ? Les amis doivent d’abord s’assurer que leur idée est techniquement viable car il faut récupérer les coordonnées géographiques des GPS des smartphones, flouter les visages et les plaques d’immatriculation, rendre les photos « navigables ». Après six mois de travail, l’entreprise est créée et l’application mobile est lancée. « Nous avons été surpris par la rapidité d’adoption » avoue Peter. En deux ans, ce sont plus de 60 millions d’images qui ont été intégrées par quelque 21 000 contributeurs, principalement en Europe et en Amérique du Nord. Qui sont-ils ? Amateurs de photos, de balades, urbanistes et, bien sûr, contributeurs OpenStreetMap, ravis de cette occasion de retourner sur le terrain. Mais, de même qu’OSM est bien plus qu’une carte, Mapillary va au-delà des photos. C’est une base de données d’éléments vectoriels identifiés sur les photos, de nuages de points… un savant mélange des technologies du big data, de traitement d’images et de vision par ordinateur. Repérer les panneaux de circulation, les plaques de rues, les hydrants, mais aussi les endroits réellement accessibles aux personnes handicapées, etc. « Nous ne savons pas a priori ce qui intéresse les gens. C’est à eux de nous dire ce qu’ils souhaitent extraire des photos. Notre but est de les aider en leur fournissant des algorithmes semi-automatiques qui facilitent cette saisie. » Aujourd’hui, nuages de points et panneaux de rue sont récupérables, demain ce seront d’autres éléments de signalisation… petit à petit les algorithmes d’identification massive s’améliorent et vont extraire tout le potentiel des photos acquises.

Usages publics et privés

Mais l’infrastructure informatique nécessaire pour faire tourner le projet n’est pas triviale et demande des moyens importants. Aussi les fondateurs de Mapillary ont-ils choisi dès l’origine une double approche : open data pour les photos, commercialisation des API pour les entreprises à caractère commercial, et services privatisés. Une collectivité, un bureau d’études pour utiliser un espace privatif du Cloud Mapillary pour y charger ses propres photos en plus de celles proposées par la communauté, effectuer des mesures, bénéficier d’outils d’identification, inclure une fenêtre dans son SIG, etc. Les API permettent d’intégrer les services Mapillary dans toutes sortes de sites Web et logiciels. L’approche séduit et Esri est l’un des promoteurs actifs de Mapillary. L’entreprise, qui compte aujourd’hui une vingtaine de salariés, vient également de lever 8 millions de dollars pour poursuivre sa croissance et développer à la fois ses algorithmes et sa communauté.

 

 

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