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La recherche se met au collaboratif

Catégorie: Cartographie, Environnement, Logiciels, Mobilité, Recherche, Reportages, Uncategorized, Utilisateurs, WebMapping

Longtemps, les laboratoires de recherche de l’IGN se sont avant tout préoccupés des données produites en interne, ce qui n’a rien de choquant. Aujourd’hui, ils travaillent également sur d’autres problématiques, liées aux nouveaux modes de production et de consommation des données géographiques. Exemples dans le domaine du bruit et des données historiques.

Géodésie, ressource forestière, modélisation et interaction avec des données 3D ou des cartes, généralisation… plus d’une quarantaine de thésards et chercheurs ont présenté leurs travaux lors des journées de la recherche de l’IGN les 19 et 20 mars derniers. Revenons sur deux projets qui illustrent l’ouverture des laboratoires sur les nouvelles formes de collaboration autour de l’information géographique.

Ambiance sonore

Un premier mode de représentation des ambiances sonores a été conçu dans le cadre du projet Cartasur.

Un premier mode de représentation des ambiances sonores a été conçu dans le cadre du projet Cartasur.

Le projet CartAsur, en partie financé par l’ADEME, montre que l’État n’est pas totalement sourd en matière de cartes de bruits. En effet, les cartes « réglementaires » restent limitées à la seule circulation automobile, analysée du point de vue de la modélisation des décibels, ce qui est bien éloigné du ressenti des habitants. L’idée serait d’être capable de définir un nouvel indicateur d’ambiance sonore, de le lier avec les caractéristiques de l’espace urbain afin, in fine, de pouvoir le modéliser directement à partir de la description physique de la ville. Pour l’instant, la démarche n’en est qu’à ses débuts. À l’aide d’une enquête approfondie en soixante-dix questions (via une application sur téléphone portable), soixante participants ont qualifié une trentaine de points de mesures dans un quartier parisien (parcs, rues, carrefours, zones très commerciales…). Les chercheurs ont ainsi récupéré quatre mille mesures effectuées à différents moments de la journée (jour, soir, nuit) portant à la fois sur le niveau d’agrément sonore (d’agréable à désagréable) et l’intensité. Des premières représentations cartographiques ont été effectuées qui vont être testées au cours d’une nouvelle enquête. Quant à la prédiction des ambiances sonores à partir de la description physique de la ville, c’est un sujet encore à peine défriché.

Du côté des données historiques

Et si les chercheurs devenaient eux-mêmes les participants de processus de saisie collaborative, tout en poursuivant les objectifs de leurs propres travaux ? Voilà un projet difficile à organiser car il pose à la fois des questions de modèle de données et de plateformes de collaboration. Le projet Geohistoricaldata, initié par un historien, un physicien et un géomaticien, apporte un premier exemple de réponse, autour de la saisie de données historiques, et notamment des cartes de Cassini. En effet, divers éléments de certaines cartes de Cassini ont déjà été vectorisés : identification des forêts anciennes (travaux initiés à l’INRA par Jean-Luc Dupouey), extension des villes et villages ainsi que de divers symboles dans le cadre de GeoPeuple, etc. Mais ces saisies se font toujours avec des objectifs spécifiques. Elles sont peu réutilisables et manquent d’homogénéité.

Avec les flux WMS de la carte de Cassini du Geoportail comme base de saisie, une vingtaine de chercheurs ont vectorisé en un an 112 000 km de routes et plus de 1 133 km2 de villes (en mode surfacique), alimentant une base PostGis collaborative, à partir d’outils de saisie sous QGIS. Certains ont également travaillé sur deux atlas de Paris (Verniquet de 1790 et Jacoubet de 1827-1839).

Pour utiliser ce type de production dans un contexte de recherche scientifique, il faut garder la trace de toutes les manipulations effectuées sur les données et disposer d’un modèle de données robuste et simple. L’équipe a choisi de considérer chaque source comme indépendante, ce qui est rarement le cas en analyse historique où une première source sert souvent de base de référence aux autres saisies. Mais il faut également disposer d’outils de validation et de correction tout aussi collaboratifs et traçables. Pour assurer cette dernière phase, Julien Perret et ses collègues du projet ont pris contact avec Mauricio Giraldo Arteaga qui a construit le site Web Building Inspector, qui permet à tout un chacun de valider/corriger les données vectorisées automatiquement à partir des fonds de la New York Library. Ce dernier a accepté d’adapter ses développements aux problématiques de ses camarades français, qui disposent désormais d’une plateforme de validation, leur servant également à saisir la toponymie sous une forme assez ludique.

 

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