No Banner to display

Rachat de Géoclip par Ciril GROUP : les initiateurs nous en disent un peu plus

| 4 octobre 2019 | 0 commentaire

Catégorie: A l'actu, Cartographie, Entreprises, Grand public, Logiciels, Marché, WebMapping

Après avoir acquis Simalis en 2012 et I2G en 2014, Ciril GROUP a annoncé le rachat d’Emc3, l’éditeur de Géoclip, le 24 septembre dernier. L’éditeur SIG français (Business Géografic, gamme GEO) renforce ainsi sa position sur les observatoires géo-statistiques. Interview croisée entre Amaël Grivel, président de Ciril GROUP et Éric Mauvière, fondateur de Emc3 et désormais directeur de Géoclip.

Eric Mauvière, fondateur de EMC3, éditeur de Géoclip (à gauche) et Amaël Grivel, président de Ciril GROUP

Eric Mauvière, fondateur de EMC3, éditeur de Géoclip (à gauche) et Amaël Grivel, président de Ciril GROUP

Comment vous êtes-vous rencontrés ?

Amaël Grivel (AG) : Il y a quatre ou cinq ans, des clients communs m’ont montré Géoclip. J’ai tout de suite trouvé que c’était très bien fait et complémentaire. Cela m’a poussé à entrer en contact avec Éric et son équipe. Depuis, nous discutons régulièrement, nous prenons le temps de déjeuner ensemble de temps en temps.

Éric Mauvière (֧ÉM) : J’ai été très flatté d’être « approché », je me suis renseigné moi aussi et j’ai pris conscience de la bonne réputation de l’entreprise. Pourtant, à l’époque, je n’étais pas disposé à perdre mon indépendance, nous étions en pleine conception de Géoclip Air. Mais Amaël ne m’a jamais mis la pression.

En cinq ans, qu’est ce qui a changé ?

ÉM : Nous avons appris à nous connaître et nous nous sommes rendu compte de nos valeurs communes : des produits faits maison, ce qui nous permet de faire de jolies choses, d’être près de nos clients, en phase avec leurs besoins, une ouverture vers l’international… Mais aujourd’hui, Géoclip Air marche bien, à tel point que notre petite équipe commence à être juste pour assurer tous les projets et les demandes de développement. En plus, il est temps que je prépare l’avenir du produit une fois que je prendrai ma retraite… j’étais prêt à assurer cette transmission.

Concrètement, comment ça se passe ? Qu’est ce qui va changer ?

AG : Le plus fondamental pour nous, c’est que tout le monde reste. En ce moment nous faisons beaucoup de réunions et de formations, avec notre service de développement, notre service client. Nous misons vraiment sur la complémentarité. Nous avons beaucoup à apprendre de l’équipe de Géoclip en termes d’expertise statistique, de visualisation des données, de qualité cartographique. Cela va nous permettre d’enrichir notre plateforme GEO, de renforcer GEO Key. Même si Géoclip va continuer sa vie, à plus long terme, nous allons travailler à son intégration dans notre plateforme GEO, sans régression fonctionnelle bien entendu.

ÉM : Concrètement, les équipes de développement sont déjà à pied d’œuvre pour nous aider sur certaines couches techniques comme les connexions aux bases de données, l’intégration d’annuaires et de services d’authentification. Les activités d’hébergeur de SynAApS sont importantes pour nos clients, notamment dans le domaine de la santé, très soucieux de la sécurité des données. L’intégration dans le groupe Ciril va également nous permettre de gagner en assise à l’international. Nous avons par exemple des contacts avec des clients potentiels au Canada et Ciril a une filiale à Montréal. C’est plus rassurant pour eux d’avoir affaire à un groupe d’envergure qu’à une petite équipe de six personnes.

Que pensez-vous que ce rapprochement va apporter à vos clients ?

ÉM : Nous avons déjà des clients communs, comme le conseil départemental de la Haute-Garonne. Nous travaillons de plus en plus pour les collectivités locales : régions, départements, métropoles, agglomérations… ils ont à la fois des besoins en géomatique et en observatoires. Les chambres de commerce également peuvent faire appel à ces deux types de compétences.

AG : Géoclip permet de faire comprendre simplement des phénomènes complexes, de toucher le grand public, ce que nous avons du mal à faire avec notre gamme GEO en dehors d’applications dédiées. Beaucoup de nos clients peuvent être intéressés. De plus, Éric et son équipe commencent à construire une offre unique de données, qui, là encore, va s’avérer utile pour nos clients.

Mais la statistique, est-ce que ce n’est pas bientôt fini à l’heure de l’intelligence artificielle ?

ÉM : Pour moi, un statisticien, c’est quelqu’un que rien ne peut intimider. Il y a trente ans, quand j’ai commencé à l’INSEE et qu’on a vu arriver les premières bases de données avec 60 millions d’enregistrements (le recensement), il y avait de quoi prendre peur. Mais nous avions des techniques de clustering, d’analyse multivariée, d’arbres de décision… et nous nous en sommes sortis ! Les principes de base de l’économétrie restent valables. Les jeunes data scientists que nous embauchons s’appuient sur les mêmes concepts. Ils sont dans la suite logique et nous poussent à évoluer. Aujourd’hui, nous faisons entrer R dans Géoclip. Demain, l’IA nous permettra de combler les trous dans certaines séries statistiques.

AG : Il y a encore beaucoup à faire dans la diffusion d’information bien documentée, sous une forme compréhensible par tous. Les techniques statistiques sont à la base du machine learning, et nous fournissent les fondations d’analyses prospectives sérieuses, qui ne relèvent pas de la boule de cristal.

 

Print Friendly, PDF & Email
Signaler un contenu

Laisser un commentaire

No Banner to display

No Banner to display