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Sous le capot, la carte

Catégorie: Données, Entreprises, Grand public, Marché, Matériel/GPS, Mobilité, Reportages

Aussi invisible qu’indispensable, l’information géographique est au cœur de nombreuses évolutions dans le domaine automobile. Une tendance qui se confirme et va bientôt transformer nos voitures en véritables capteurs sur roues.

Un air bag qui se déclenche ? Une information précieuse pour les services de secours et pour ceux qui gèrent le trafic, mais une information aujourd’hui entre les mains des constructeurs… (©therry pour iStock)

Un air bag qui se déclenche ? Une information précieuse pour les services de secours et pour ceux qui gèrent le trafic, mais une information aujourd’hui entre les mains des constructeurs… (©therry pour iStock)

Vous avez commandé un livre chez Amazon mais, avec la vie que vous menez, impossible de le récupérer à la maison. Pas de souci, il sera livré dans le coffre de votre voiture alors même que vous êtes en réunion, sans avoir besoin de vous soucier de quoi que ce soit, où que vous soyez garé. Science-fiction ? Non, le service est actuellement en test grâce à un partenariat monté entre Audi, Amazon et DHL. Pour proposer un tel service, les voitures doivent être équipées d’une ouverture par identification sans clé et être géolocalisables à la demande : deux fonctions déjà disponibles depuis quelque temps.

Une touche de géolocalisation

Si la géolocalisation des véhicules est avant tout au service d’applications liées à la sécurité et au guidage, de nouvelles expériences sont menées par les constructeurs, soucieux de valoriser leurs automobiles connectées. À San Francisco, Audi teste Audi on demand qui permet de louer un véhicule haut de gamme, de se le faire livrer n’importe où en ville et de la rendre où bon vous semble. En Italie, Renault s’est associé avec Generali pour proposer des contrats d’assurance « pay as you drive ».

La brique cartographique, même discrète, s’avère de première importance pour les constructeurs automobiles. Le rachat de HERE par trois concurrents illustre bien l’aspect stratégique des technologies géographiques.

Face à Google, HERE et TomTom entendent bien rester des acteurs incontournables. Pour eux, l’enjeu est désormais de récupérer et de fournir des informations en temps réel à différents publics : automobilistes bien sûr, mais également collectivités, organisateurs de transports, services de secours, livreurs, etc. Pour Alain de Taeye, l’ancien fondateur de Tele Atlas, aujourd’hui membre du directoire de TomTom, tout le défi est de trouver le bon compromis entre la haute qualité, la précision et le temps réel, comme il l’a évoqué lors de BeGeo. Quant à Bruno Bourguet, vice-président de HERE, il a rappelé lors de la conférence Automobile connectée organisée mi-février à Paris, que ce ne sont pas moins de 80 000 sources qui sont mobilisées par l’entreprise, en plus de ses propres véhicules, pour fournir des données à toutes sortes d’applications.

Nouvelles sources de données

Désormais géolocalisée et bardée de capteurs, la voiture devient elle-même productrice de données, ce qui ouvre la voie à de nouveaux usages et met les constructeurs au centre du marché. Des expériences sont en cours dans le cadre des programmes de ville intelligente pour modéliser le bruit et la pollution à partir des données de circulation en temps réel, pour profiter des images acquises par les caméras de recul afin de détecter des places de stationnement, pour transformer les véhicules à l’arrêt en borne WiFi… Pour Philippe Sajhau, vice président du programme Smarter-cities chez IBM France, l’enjeu touche de nombreux aspects du fonctionnement de la ville. « Jusqu’à présent, toutes les infrastructures urbaines ont été calculées à partir de flux moyens, de déplacements moyens… L’accès aux données de pratique de l’espace en temps réel va permettre une meilleure optimisation des infrastructures. »

Et demain ?

À l’occasion de la conférence Automobile, Deloitte a présenté une étude sur l’évolution du coût de la mobilité. Premier constat, le secteur automobile doit évoluer, il n’a pas le choix. Il y a déjà un milliard de véhicules en circulation dans le monde aujourd’hui. Ce sera quatre fois plus en 2050 : une situation insoutenable à bien des égards ! La mobilité automobile a deux grandes voies de transformation devant elle : le partage et l’autonomie. Deux chemins qui ne peuvent s’envisager sans bases de données géographiques fiables, à jour et de plus en plus précises.

 

La technologie zFAS d’Audi permet de rassembler sur une même carte électronique l’ensemble des données acquises par les douze capteurs ultrasons, les radars avant et arrière, les caméras sur le toit, le scanner laser… qui vont prochainement équiper les modèles haut de gamme de la marque. Une source de services pour le conducteur, mais également pour bien d’autres acteurs de la route… (© Audi)

  • Pour télécharger l’étude Deloitte sur le futur de la mobilité, suivez ce lien
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