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Télédec for good ou comment Ecosia surveille ses plantations d’arbres

| 5 février 2021 | 0 commentaire

Catégorie: Cartographie, Données, Entreprises, Environnement, Imagerie, Institutions, Reportages, Satellite/Spatial

Environ 3 mn de lecture

Ecosia, le moteur de recherche qui plante des arbres à chaque recherche effectuée, tient à suivre ses plantations, réalisées avec un réseau de partenaires. Pour cela, Pieter Van Midwoud, responsable des plantations, a dû se mettre aux SIG. Récit.

Ecosia satellite

Entre la surface très dégradée à gauche et celle en bon état à droite, une zone qu’Ecosia est en train de restaurer. Mais avant de planter des arbres, il a fallu faire passer une charrue, dont les traces sont visibles depuis l’espace (image SkysatCollect, dans la région du Sahel au Burkina Faso)

« Nous payons des partenaires locaux pour planter des arbres, explique Pieter Van Midwoud. En retour, ils doivent nous envoyer un polygone ou un point, avec des informations attributaires sur les espèces plantées et le nombre d’arbres. » Une démarche évidente dans le monde de la géomatique, mais qui en a surpris plus d’un dans le monde des arbres. Ainsi, depuis 4 ans, l’équipe d’Ecosia comprend un géomaticien, qui gère un SIG sous QGIS. Aujourd’hui, le SIG comprend 13 000 points et polygones, sur toute la zone équatoriale et tropicale. Depuis peu, il intègre également un réseau de nurseries d’arbres, financées par Ecosia.

Planter mais surtout, faire pousser des arbres

« L’important est de pouvoir vérifier que les arbres sont bien plantés et comment ils évoluent, insiste Pieter. Car nous ne voulons par planter des arbres, nous voulons les faire pousser ! »

Même si des contrôles sont effectués sur place, la petite équipe a rapidement compris que les satellites d’observation de la terre pouvaient les aider. Mais elle a aussi découvert que tout ne peut pas se faire à l’œil nu.

Très engagé par exemple dans le projet de grande muraille verte pour faire reverdir le Sahel, Ecosia a déjà restauré 35 000 hectares au Burkina Fasso, au Mali et en Éthiopie et ne manque pas de projets sur la bande sahélienne. « Nous avons commencé sur Google Earth, via Google Earth Engine, mais même après 3 ans, les arbres plantés sont impossibles à repérer sur les images, généralement prises à la saison sèche. » Space4Good, une équipe d’experts en télédétection néerlandais a donc été missionnée pour produire une couche de l’évolution sur plusieurs années des NDVI (indicateur de l’activité chlorophyllienne) de l’ensemble des projets. Là encore, si l’information a permis d’avoir une meilleure vision sur certaines zones, elle s’est avérée insuffisante et Ecosia fait désormais appel au LAI (Leaf Area Index – surface foliaire), ainsi qu’au NPP (Net Primary Productivity) qui donne une idée de la biomasse et permet donc de calculer le piégeage de CO2 des projets. Modis, Landsat, Sentinel… sont mobilisés. Mais l’entreprise commande également régulièrement des images à Planet pour approfondir les bilans sur certains programmes grâce à l’analyse visuelle d’images à 50 cm de résolution.

Ecosia satellites

Zoom sur des lieux de plantation d’arbres à Bornéo, en Indonésie, avec une image satellite sous-jacente du programme NICFI de Planet (Imagerie © 2020 Planet Labs Inc)

Un gage de transparence

Pour Pieter, la technique (choix du lieu, des espèces, de la technique de plantation, système de surveillance…) ne compte que pour la moitié du succès d’une opération, le reste étant lié à la prise en compte de la réalité socio-économique du terrain, à l’engagement des bergers et des agriculteurs sur place, au relais des partenaires locaux… Pourtant, la surveillance par télédétection est un volet important, que l’entreprise entend bien continuer à professionnaliser. « Aujourd’hui, on vient nous voir pour notre expertise dans la plantation d’arbres, la surveillance fait partie du package que nous proposons ». La surveillance de la plantation, à 3 ans, mais également à 5 ans, 6 ans, est en outre un gage de transparence dans les actions menées, permettant d’éloigner les démons du « green washing ». « Il faudrait que les Nations Unies, qui soutiennent des programmes comme la grande muraille verte, imposent un portail géographique montrant où en sont tous les projets de reforestation. Nous y contribuerions volontiers ! » conclut Pieter Van Midwoud.

 

 

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