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Une production réinventée

| 15 février 2016 | 0 commentaire

Catégorie: Cartographie, Données, Dossier : Carte papier… disparition ou évolution ?, Entreprises, Livres, Arts, Expos, Logiciels, Marché, Recherche

Geosignal fermé, L’indispensable noyé dans les éditions Marie-Claire, les Ponchet Plan Net rangés au rang de trouvailles… le marché de la cartographie a été mis à rude épreuve ces dernières années. Aujourd’hui la production de cartes se rapproche des SIG, mais elle a toujours besoin d’outils spécifiques.

Latitude Cartagène, spécialiste de la carte sur mesure se concentre sur les marchés du tourisme et de l’information voyageur. Deux domaines qui ont toujours besoin de cartes papier ! Ici un plan géo-orienté qui équipe un arrêt de tram à Grenoble.

Latitude Cartagène, spécialiste de la carte sur mesure se concentre sur les marchés du tourisme et de l’information voyageur. Deux domaines qui ont toujours besoin de cartes papier ! Ici un plan géo-orienté qui équipe un arrêt de tram à Grenoble.

« La cartographie telle qu’on l’entendait il y a vingt ans est devenue un art » regrette Sébastien Lanoë, directeur marketing chez Lorienne. L’éditeur de logiciels de production cartographique a vu nombre de ses clients fermer boutique en quinze ans. Si les solutions Lorienne sont toujours utilisées par les grandes agences cartographiques nationales et certains ministères de la défense dans le monde entier, elles ont beaucoup évolué pour s’associer plus étroitement aux bases de données géographiques gérées dans les SIG.

Plus près des SIG

Ces derniers ont eux-mêmes évolué pour proposer des fonctions de rédaction cartographique : mise en page, production automatisée de feuilles d’atlas, gestion des conflits d’écriture, export en quadrichromie… sont présents sous forme de modules dans toutes les gammes de logiciels SIG. Les clients qui fabriquent des cartes veulent aller vite tout en s’assurant de la qualité des documents produits. L’automatisation permise par l’informatique et le lien avec les SIG permet aujourd’hui de proposer des produits inabordables autrefois. Ainsi, Latitude Cartagène produit des plans géo-orientés pour les villes qui sont mis en place sur des centaines de poteaux d’arrêt de bus et tram. Pour automatiser cette production, des développements ont été réalisés à partir du SIG. Mais il reste encore de la place pour des solutions plus spécifiques, comme Lorik ou Mercator. Ainsi, chez Michelin, deux lignes de productions co-existent : celle qui part d’ArcGIS vers Lorik Publisher pour la réalisation des couvertures et des légendes, et celle qui est entièrement sous Lorik Cartographer et Publisher. Les petites cartes, quant à elles, sont souvent réalisées directement sous Illustrator. Quant aux index, ils sont réalisés sous InDesign. La part de PAO devient de plus en plus faible, mais elle reste essentielle.

La généralisation : la quête du Graal

La généralisation qui permettrait de réaliser toutes sortes de produits cartographiques à partir d’une seule base de données géographique détaillée reste du domaine du rêve. Même si de nombreux algorithmes existent, leur orchestration dépend du contexte global (chaque pays a ses propres règles de rédaction, chaque producteur) mais également local (il ne faudra pas appliquer la même règle en milieu rural et en milieu urbain, etc.). Lorienne continue ses recherches sur le sujet et propose déjà des fonctions. « Nous sommes arrivés à faire une carte au million à partir d’une base OSM avec un bon rendu, se félicite Sébastien Lanoë. En matière de cartographie, nous passons par des paliers de généralisation successifs. La généralisation profite aujourd’hui de la puissance des ordinateurs, qui permettent de faire beaucoup de calculs. Mais la grosse difficulté consiste à spécifier le besoin. »

Avis d’expert
Les agences sont sous pression
WEB-174-dossier-carte-watsonPaul Watson est spécialiste Mercator chez 1Spatial. Un logiciel incontournable pour bien des agences cartographiques, dont l’IGN.
« On aura toujours besoin de la carte papier. C’est un document très fiable, très résilient capable de présenter une densité d’informations incroyable. Cependant, les agences cartographiques nationales avec lesquelles nous travaillons produisent des cartes chères à imprimer et pas faciles à mettre à jour. Leur style, qui ne peut évoluer que lentement car les clients y sont très attachés, ont été conçus à l’époque de la cartographie manuelle. Les agences sont sous pression : à l’heure de la concurrence avec le numérique plus personne ne veut attendre cinq ans pour une mise à jour de carte papier. Elles doivent également publier leurs données, celles-là mêmes qui servent à la production des cartes, en open data. Elles doivent donc modifier leurs processus de production, avec des moyens de plus en plus réduits. Nous avons mis en place des chaînes de production plus automatisées pour certaines grandes agences comme l’Ordnance Survey britannique. Mais définir précisément toutes les règles de rédaction cartographique est un travail de longue haleine. »

 

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