Le déplacement du pôle Nord magnétique menace nos GPS, vrai ou faux ?

| 23 janvier 2019

Catégorie: A l'actu, Données, Grand public, Satellite/Spatial

Nous avons relayé la semaine dernière sur les réseaux sociaux l’un des nombreux articles s’inquiétant des conséquences sur les GPS du déplacement rapide du pôle Nord magnétique (Futura Sciences). Fakenews ?

L'aiguille s'affole dans sa boussole... numérique

L’aiguille s’affole dans sa boussole… numérique

De nombreux articles s’inquiètent de l’accélération du décalage du pôle Nord magnétique vers la Russie. Cela oblige à revoir le modèle magnétique mondial plus tôt que prévu, modèle essentiel au fonctionnement des GPS. Malheureusement, le shutdown de l’administration américaine a entraîné le report de cette révision de quelques jours. Mais est-ce vraiment grave ?

Michel KasserEn fait, le phénomène est sans impact sur les puces GNSS, mais il peut faire baisser la performance de nos assistants de navigation. Michel Kasser, ancien directeur du service géodésie de l’IGN et aujourd’hui Professeur à l’HEIG-VD (école d‘ingénieurs en Suisse), nous explique pourquoi : « Pour la localisation 3D par les GNSS, on se fiche de savoir où est le pôle magnétique, il n’intervient jamais dans le calcul. En revanche, beaucoup d’applications de localisation, par exemple sur smartphone, complètent l’assistance à la navigation par la direction géographique, qui vient toujours d’un MEMS* qui sert de compas magnétique. On ne peut pas en effet l’avoir par GNSS, sauf si on sait de façon certaine qu’on ne va pas s’immobiliser, ce qui évidemment ne peut être garanti. Par exemple dans la poursuite du guidage dans un tunnel, et pour toute zone sans réception, le « map matching » utilise parfois le cap magnétique, qui sert de valeur approchée. Si le Nord magnétique bouge beaucoup, il faudra donc adapter les algorithmes employés. » Ce ne sont donc pas les GPS qui sont impactés, mais certains capteurs de nos smartphones, utilisés par les assistants de navigation, souvent appelés à tort « GPS ».

La situation risque-t-elle d’empirer ? « Il est question depuis quelque temps d’une inversion des pôles, ce qui en soit n’est pas très grave. On arrivera à gérer, mais cela pourrait aussi se passer avec une courte période de champ affaibli, et ça, c’est nettement moins drôle, et pas seulement pour les smartphones. » Alors, gardons tous un œil sur l’horizon…

  • MEMS : systèmes microélectroniques, qui concentrent en un tout petit espace de nombreuses fonctions : capteurs de mouvement, d’accélération, boussole, rotation…
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