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Bienvenu au souk de la ville intelligente

| 15 septembre 2015 | 0 commentaire

Catégorie: 3D, Données, Entreprises, Environnement, Marché, Reportages, Réseaux/Transports, Secteur public, Utilisateurs

Innovative city serait-il à la ville intelligente ce que le souk est au commerce ? On y trouve de tout, dans un agencement difficile à saisir. On s’y perd un peu mais on découvre des produits inattendus. Cela forme un ensemble plutôt sympathique, où l’on parle toutes les langues, et où l’on essaye de se comprendre.

Pour promouvoir la ville durable à la française et ses entreprises, Vivapolis s’appuie sur deux démonstrateurs 3D (Santiago Des3aDo et Astainable) qui laissent une large part à l’information géographique. Ici, un extrait du démonstrateur réalisé par Enodo et ses partenaires sur Astana.

Pour promouvoir la ville durable à la française et ses entreprises, Vivapolis s’appuie sur deux démonstrateurs 3D (Santiago Des3aDo et Astainable) qui laissent une large part à l’information géographique. Ici, un extrait du démonstrateur réalisé par Enodo et ses partenaires sur Astana.

Objets connectés, cloud, réseaux d’énergie, BIM*, maquettes 3D, téléphonie, open data, santé connectée, construction et BTP… il y en avait pour tous les goûts à Innovative City. L’événement, qui souhaite s’imposer comme le rendez-vous annuel sur la ville innovante et intelligente, s’est tenu les 24 et 25 juin à Nice, ville qui se veut elle-même exemplaire en la matière. Foisonnement sympathique qui permet à chacun de picorer selon ses besoins mais qui illustre parfaitement la difficulté à cerner un concept devenu le fourre-tout des applications numériques dans la ville.

Au royaume de l’expérimentation

Si, pour certains, « toutes les villes sont intelligentes » comme l’a martelé Jean Rottner, maire de Mulhouse et président de la FNAU*, force est de constater que les exemples régulièrement présentés ont de quoi décevoir. Gdansk, ville créative et intelligente ? Pour le prouver, son maire met en avant une application donnant les horaires en temps réel des transports en commun, la publication au jour le jour de son agenda ainsi que la transparence au niveau du budget. Nice, championne de la ville intelligente ? On a envie de le croire quand on constate que la collectivité et la chambre de commerce occupent une grande partie du hall d’exposition où elles mettent en avant de nombreuses PME. Pourtant l’expérimentation d’un boulevard connecté lancé à grand renfort médiatique en 2013 a pris fin il y a un an. Tout a été démonté, les industriels ont repris leur matériel et les données accumulées dorment sans doute dans un placard, nous avoue-t-on sur le ton de la confidence. Pourtant, les nouveaux projets ne manquent pas.

Aujourd’hui, la ville intelligente n’est qu’une suite d’expérimentations techniques, généralement brandies en étendard au nom de la compétition entre territoires qui se doivent d’être innovants, attractifs, performants, aimables, durables, souhaitables…

Les freins ne manquent pas

Au-delà des discours, les freins à une vision unifiée du numérique dans la ville et de ses apports en termes d’habitabilité et de performance sont multiples. Tout d’abord, l’histoire commence comme toujours par des infrastructures très physiques. On a beau être dans le numérique, cela passe par des capteurs, eux-mêmes reliés à des réseaux électriques et numériques. Bref, des tuyaux, du cuivre, de la fibre, des bornes d’accès, des antennes pour la 4G, la 5G… Cette première étape est complexe à mettre en place dans des villes construites par des années d’histoire. Une situation qui permet aux acteurs des infrastructures et du BTP de s’imposer (les plus gros stands étaient ceux de Bouygues, de Vinci et de leurs filiales, d’Egis, d’Orange, de Veolia, de GRDF, d’EDF…), quitte à se faire accompagner par des petites start-ups pour la couche « services ». Les données qui passent par ces réseaux doivent également être comprises par plusieurs systèmes. L’interopérabilité des couches basses et des systèmes d’information est un chantier qui n’est pas près d’être achevé. Certaines de ces difficultés techniques commencent à être résolues, mais par silo, d’où le succès des expérimentations : éclairage contrôlé d’un quartier, services d’autopartage… Les smart GRID, qui permettent une gestion fine des réseaux énergétiques semblent au point, mais personne ne peut les mettre en œuvre à grande échelle. Le BIM, qui permet à tous de collaborer autour d’une maquette numérique 3D complète, s’impose chez des constructeurs comme Vinci ou Bouygues pour les projets d’une certaine ampleur. Mais quand la principauté de Monaco impose la modélisation en 3D à ses intervenants, seules les enveloppes simplifiées alimentent sa maquette territoriale.

Ce fonctionnement en silo est également dû à des difficultés organisationnelles. La ville intelligente ne peut exister sans une vision transversale de son propre fonctionnement, qui va à l’encontre même de la structuration des services dans les collectivités, organisés en thématiques et en missions très compartimentées.

Autres freins bien identifiés par les intervenants, le financement et les modèles économiques associés à cette ville numérique. Si les « partenariats publics, privés, population » ont le vent en poupe sur le papier, ils ne sont pas simples à mettre en place et impliquent une gouvernance spécifique qui reste à trouver. Là encore, nous n’en sommes qu’au stade de l’expérimentation.

  • FNAU : Fédération Nationale des Agences d’Urbanisme
  • BIM : Building Information Modeling
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