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Le collaboratif, version IGN

| 7 février 2018

Catégorie: Cartographie, Données, IDG/IDS, Institutions, Logiciels, Open Data, Reportages, Secteur public, Utilisateurs

1021 mots, environ 5 mn de lecture

L’IGN met de plus en plus ses utilisateurs au travail, comme l’atteste la journée « Le collaboratif et vous » organisée en novembre dernier dans les locaux de l’institut. Au-delà des bonnes intentions et de l’air du temps, comment développer un cercle vertueux ? Que va y gagner l’institut ?

Trois cents. C’est le nombre approximatif de conventions en cours entre l’IGN et divers organismes publics, collectivités, associations et entreprises, auxquels il faut ajouter une centaine de grands partenariats nationaux. À des degrés divers, derrière ces kilos de papiers, il y a une forme de collaboration. Récupération de données de partenaires pour les intégrer dans ses propres référentiels, cofinancement voire coproduction de données… les cas de figure sont très variés, comme l’ont montré les témoignages du SDIS des Landes, de l’INSEE et de l’Agence française de la biodiversité.

Niveau 1 du collaboratif pour l’IGN, l’utilisation par ses utilisateurs de l’espace collaboratif, qui permet de signaler des erreurs ou des changements à l’IGN.

Niveau 1 du collaboratif pour l’IGN, l’utilisation par ses utilisateurs de l’espace collaboratif, qui permet de signaler des erreurs ou des changements à l’IGN.

Si l’IGN insiste de plus en plus sur les coopérations, c’est d’abord parce qu’il n’a plus vraiment le choix. Face aux contraintes budgétaires et à leurs conséquences sur le personnel, l’automatisation des processus n’est plus suffisante pour assurer une production de qualité uniforme sur tout le territoire. Il faut donc « mettre le collaboratif au cœur du système », comme l’a rappelé Yolène Jahard, de la direction de la stratégie, de l’international et de la valorisation en ouverture de la journée du 16 novembre.

Sur l’espace collaboratif, les signalements sont de plus en plus nombreux. Ils doublent chaque année. Il faut dire que l’outil est devenu plus performant et qu’il peut être utilisé via des plug-ins directement intégrés dans certains SIG (Geoconcept, ArcGIS, QGIS).

Sur l’espace collaboratif, les signalements sont de plus en plus nombreux. Ils doublent chaque année. Il faut dire que l’outil est devenu plus performant et qu’il peut être utilisé via des plug-ins directement intégrés dans certains SIG (Geoconcept, ArcGIS, QGIS).

Loin des angoisses liées à une éventuelle perte de contrôle, la jeune équipe qui pousse le sujet à l’IGN semble avoir intégré les bénéfices d’une approche contrôlée. Elle mise d’ailleurs plus sur des partenariats choisis, entre communautés d’intérêt (« community sourcing ») que sur des partenariats totalement ouverts à des contributeurs non connus (crowdsourcing).

Un sujet qui amène de nouveaux développements

Le collaboratif pose par exemple des défis intéressants en termes de développement informatique. Au-delà de Ripart, devenu espace collaboratif (avec ses plug-in et ses API) et des guichets thématiques (adresse…), l’ouverture progressive des plateformes de mise à jour (voir de saisie) oblige à intégrer les spécifications dans les outils eux-mêmes. Fini le temps des formations longues des opérateurs et des épais cahiers de spécifications, voici venu celui d’outils facilement compréhensibles, à l’ergonomie soignée, maîtrisés en quelques minutes à l’aide d’un simple « tuto ». Cette maintenance plus répartie implique en outre de garder en mémoire l’histoire des objets saisis, leur paternité… bref, d’intégrer une véritable traçabilité. Elle pousse en outre l’IGN à créer des algorithmes pour détecter automatiquement les présomptions d’erreurs, analyser les données entrantes.

BD UNI, BD Topo… vers l’unification

La constitution plus collaborative des bases de données oblige l’IGN à revoir en profondeur son schéma de production. Depuis 2013, certains partenaires (comme les SDIS) peuvent accéder directement à la BD UNI, socle de production de plusieurs référentiels vectoriels à l’IGN (dont le RGE). Sans attendre la diffusion semestrielle de la BD Topo, ils bénéficient ainsi quotidiennement des mises à jour qu’ils ont demandées, dès que ces dernières ont été validées et intégrées par les collecteurs de l’IGN. Demain, la BD UNI et la BD Topo ne feront plus qu’un (la BD Topo devenant une vue de la BD UNI) afin de généraliser cette diffusion rapide des mises à jour en continu, même si une BD Topo « millésimée » sera également diffusée régulièrement. Les partenaires habilités pourront mettre à jour certaines données, qui seront simplement validées par les équipes de l’IGN. Cette nouvelle BD UNI sera de fait enrichie : navigable (restrictions de circulation), avec des toponymes et des points d’intérêt supplémentaires, une connaissance plus fine de la hauteur et de la nature des bâtiments, avec une couche hydrographique plus complète (lié au chantier BD Topage).

Le cercle vertueux de la collaboration au service des référentiels de l’IGN. Ce qui devrait arriver d’ici la fin de l’année. (Document IGN)

Le cercle vertueux de la collaboration au service des référentiels de l’IGN. Ce qui devrait arriver d’ici la fin de l’année. (Document IGN)

L’IGN compte sur un effet boule de neige. Les outils, mis au point, testés et améliorés avec ses partenaires historiques, vont permettre d’élargir la collaboration à d’autres organismes. Si le partenariat autour de la BD Topage se fait pour l’instant avec l’Agence française de la biodiversité, d’autres experts de l’hydrographie pourront à terme intervenir sur la mise à jour des données, tels qu’agences de l’eau, directions départementales des territoires…

Par le collaboratif, l’IGN touche de plus en plus aux données métiers et sort du cadre initial de sa mission sur les référentiels. Car il faut bien que les partenaires y trouvent leur compte. Outre un accès plus rapide à des référentiels à jour, des guichets métiers (déclinaisons de l’espace collaboratif) vont leur permettre d’intégrer directement des attributs et des données thématiques. En devenant producteur d’outils pour ses utilisateurs, l’IGN étend encore son périmètre d’action.

L’espace collaboratif peut servir de base au développement de guichets spécifiques, comme ici sur les équipements collectifs en pays de la Loire.

L’espace collaboratif peut servir de base au développement de guichets spécifiques, comme ici sur les équipements collectifs en pays de la Loire.

Un pas de plus vers l’open data

L’approche a enfin des conséquences sur les licences associées aux données. En effet, les partenaires ont chacun leurs exigences et leurs politiques en matière d’open data. Le fait de mettre un ensemble de partenaires autour de la table pour réaliser un projet, facilite les financements amont. C’est par exemple le cas pour la BD Topage dont la première conséquence a été la mise en open data du thème hydrographique de la BD Topo sur laquelle elle est construite. Gageons que d’autres thèmes suivront.

L’IGN a donc beaucoup à gagner en développant le collaboratif, il en est conscient et a confié les rênes de la démarche à une jeune génération de collaborateurs motivés. Malgré les meilleures intentions, l’édifice est encore fragile et peut buter sur de nombreux écueils, qu’il faudrait également lister. Il n’y a qu’à voir les difficultés autour de l’adresse, sujet qui s’enlise régulièrement dans les problématiques d’outils (le guichet adresse proposé par l’IGN n’est pas le seul) et de stratégie des partenaires (pas sûr que tout le monde à l’IGN, La Poste, la DGFIP, Etalab, les collectivités et leurs représentants… avance dans le même sens).

Un exemple de collaboration à trois : le répertoire d’immeubles localisés (RIL), coproduit par l’IGN, l’INSEE et les communes. Les retours permettent à l’IGN d’améliorer la base adresses

Un exemple de collaboration à trois : le répertoire d’immeubles localisés (RIL), coproduit par l’IGN, l’INSEE et les communes. Les retours permettent à l’IGN d’améliorer la base adresses

Si aujourd’hui l’IGN prend le temps de présenter ses premiers pas, même mal assurés, c’est que ses ambitions ne s’arrêtent pas à l’adresse, à l’hydrographie et au bâti. D’autres thématiques sont sur la table pour les prochaines années : le routier, la forêt, la 3D, et même la cartographie dynamique à 5 cm, coproduite avec les opérateurs de mobile-mapping, les collectivités et l’institut pour répondre aux besoins des véhicules autonomes. Un grand chantier est en train de s’ouvrir…

 

Retrouvez l’ensemble des présentations de la journée du 16 novembre 2017 sous ce lien

 

 

 

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