Sommes-nous prêts à sacrifier des vies pour la protection de notre vie privée ?

Catégorie: Communiqués, Entreprises, Mobilité

Paris, le 10 avril – En décembre 2019 « l’observatoire de la vie digitale » réalisé par le Cabinet Carvea Consulting sur la base d’un panel réalisé par OPINEA révélait  que les français font confiance aux institutions, considèrent la souveraineté numérique aussi importante que l’armée, et que la surveillance pourrait renforcer le sentiment de sécurité.

3 constats importants font écho aux débats actuels à propos du traçage numérique :

Les français ont confiance dans leurs institutions, 50% des internautes sont conscients que leurs données personnelles sont utilisées par des tiers …, mais les sites des institutions publiques inspirent davantage confiance (67%). Ce sont les sites des banques et des impôts qui arrivent en tête avec un score de 84%.
Se sentir surveillé augmente de +55% le sentiment de sécurité totale pour près d’un tiers de la population (28%)
La souveraineté numérique est aussi importante que de disposer de sa propre armée, sentiment perçu par 78% des Français

Sommes-nous prêts à sacrifier des vies pour la protection de notre vie privée, l’intérêt individuel est-il plus important que l’intérêt communautaire ?

C’est la question débattue en ce moment, la France est-elle capable de mettre en place un système de « traçage numérique » efficace pour une stratégie de sortie du confinement, tout ceci en respectant les règles de libertés individuelles si chères aux citoyens, et sans exclure les délaissés du Numérique?
Les pays asiatiques ont prouvé que le traçage numérique de la population via la géolocalisation des téléphones mobiles, a permis d’endiguer, ou de diminuer la propagation du virus et de réduire le nombre de morts.
En France, La CNIL* qui est le gendarme du numérique, exige que le traitement de données soit « anonymisé », d’une « durée limitée », et « optionnelle » reposant sur « le consentement libre et éclairé » des utilisateurs.

Dès lors, ce cadre légal permet-il d’être efficace ?

Les pays asiatiques agissent

L’Asie agit pendant que les démocraties tâtonnent pour rechercher un consensus politique, car pour déroger à la loi, et passer outre le consentement des personnes concernées, Il faut légiférer, justifier de l’usage dûment proportionné de ce système de traçage numérique.
Nos démocraties légifèrent, arbitrent et décident quand il est trop tard : la liberté individuelle est-elle si importante face à l’intérêt général de santé d’une telle crise sanitaire et du nombre de vies à sauver ?

Dans une Tribune parue le 20 mars dans le Financial Times intitulée « Le monde après le Corona Virus » l’historien israélien Yuval Noah Hariri déclarait : Des décisions qui, en temps normal prendraient des années de discussion sont actées aujourd’hui en quelques heures. Des technologies immatures, et même dangereuses sont utilisées, car les risques de ne plus rien faire sont plus grands

Le traçage numérique prévu en France sera-t-il efficace ?

La France s’inspire d’une plate-forme de traçage numérique a visée médicale baptisée PEPP-PT (Pan-European Privacy Preserving Proximity Tracing) qui permet d’avoir recours au « contact tracing ». L’application mobile de « contact tracing » grâce au Bluetooth, repère les autres utilisateurs utilisant cette même application à proximité, et lorsqu’une personne est testée positive au virus, cet historique est exploité pour prévenir les personnes croisées les jours précédents. L’utilisation, sur la base du volontariat, utilise un identifiant chiffré qui est enregistré localement dans la mémoire du téléphone, et transmis de façon anonyme.
Ces applications respectueuses des libertés individuelles, sur la base du volontariat sont peu efficaces, parce qu’elles ne sont pas représentatives de la population (20% de la population à Singapour) et excluent les plus sensibles que sont les personnes âgées qui n’ont pas de smartphone.

L’Europe face à la crise sanitaire peut-elle adopter une dynamique rapide, coordonnée, et garante de la protection des libertés ?

Le véritable enjeu du traçage numérique est le suivi des déplacements et le contrôle des personnes contagieuses, identifiées par un dépistage massif, ce qui nécessite une géolocalisation et l’usage des données personnelles de ces personnes infectées. L’anonymat des données, devrait s’inspirer des certifications et principes déjà établis pour l’hébergement des données de santé HDS, en toute sécurité, les données collectées ne seraient exploitées que par les seules autorités de santé publique : l’OMS (Organisation mondiale de la santé) ou l’INSERM pour la surveillance épidémiologique.
Si dans l’urgence, le temps n’est pas à la certification, l’état pourrait se substituer en attendant de certifier les acteurs clef de ce domaine nécessaire à moyen terme.

 Carvea https://vimeo.com/385512639

À QUOI RESSEMBLERA LE MONDE DIGITAL DEMAIN ?

En début d’année, Jean-Luc Koch, Président de Carvea Consulting a abordé le sentiment de sécurité dans le digital. L’étude menée par Carvea Consulting a révélé que deux Français sur trois déclarent se sentir surveillés au quotidien dans l’émission 01 Business Forum.

Jean-Luc KOCH, Président de CARVEA Consulting, est spécialiste de la prospective des nouveaux usages du Numérique et Pilote « l’observatoire de la vie digitale »
Ingénieur SUPELEC, Jean-Luc Koch- 30 ans d’expérience comme Consultant dans le domaine de la Transformation Numériques des entreprises, est reconnu comme un expert du Digital.
Il a été de 1989 à 2004 Président du cabinet de Conseil en Marketing et Stratégie CESMO, puis Président de DEVOTEAM CONSULTING de 2004 à 2007 avant de créer la société Carvea Consulting

Contact Presse : TOP RP Philippe Grand – 06 72 73 32 49 – pgrand@toprp.fr
*CNIL : Commission nationale Informatique et Libertés

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